Louis Fortier du 4 au 28 octobre 2012

Louis Fortier
«Gloires passagères»
du 4 au 28 octobre 2012

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Louis Fortier du 4 au 28 octobre 2012

Louis Fortier travaille à partir de techniques de moulage qui lui permettent d’effectuer des variations dans la série. Depuis une quinzaine d’années, il revisite son anatomie — et plus particulièrement son visage — à la manière d’un journal. En cherchant des équivalences entre la nature fugitive des émotions et le caractère imprévisible de matériaux tels que la cire et le plâtre, la démarche de cet artiste déjoue la fixité habituelle propre au genre de l’autoportrait. Ainsi, les morceaux d’anatomie qu’il  nous livre  sont assujettis à des programmes qui génèrent des dérives et des distorsions. Du coup, le résultat de ses explorations artistiques pourraient s’entendre comme des tentatives de traduire les accidents de la vie courante et la fugacité de l’existence.

Couché sur le flanc, un buste colossal occupe le centre de la salle. Il fait le mort, pourrions-nous dire. Ponctuant l’espace mural, quantité de petites «têtes» bourgeonnantes semblent mues par une poussée de croissance. Comme si, le temps de cette exposition, la naissance et la mort se côtoyaient furtivement. Comme s’il était question ici d’interroger la délicate sensation de notre présence au monde à travers les bornes ultimes qui marquent notre passage dans la vie.

Les têtes au mur, avec leur manifeste imprécision, n’en esquissent pas moins les traits de l’artiste : têtes-ballons en voie de formation dont on pourrait dire qu’elles amorcent le gonflement de l’ego. Sur une note dérisoire, on associera volontiers la tête surdimensionnée gisant au sol à l’ultime résultat de ce phénomène de croissance.

Peu habitué à travailler à partir d’un objet d’une telle dimension, Fortier dit avoir abordé la sculpture comme un corps étranger qu’il fallait se réapproprier : « Je me suis affairé à trouver une méthode pour envelopper la base en polystyrène d’un manteau de cire qui laisserait apparaître le motif répété de ma main. J’ai cherché à imiter le rendu de la chair vive pour exposer la vulnérabilité du corps. J’en suis venu à composer des fleuves de couleur viande imprimant des trajets qui épousent les contours du visage, du cou, des épaules.

Le grand écorché met en scène l’effondrement d’un monument à la gloire de l’artiste et, du coup, abolit la distance autoritaire propre au monument commémoratif. Le buste a basculé pour mieux s’offrir à l’exploration de ses reliefs. Il nous est alors permis de sonder le «dessous de la statue», transformée pour l’heure en une zone particulièrement active. Contrairement à la statuaire classique avec ses têtes toujours bien campées sur les épaules, manière d’idéaliser les personnalités dans leur droiture et leur invulnérabilité, la tête découvre, par le fait du basculement proposé, un puits profond formé par l’évidemment des épaules : plongée vertigineuse vers le moment inéluctable de notre disparition.

Louis Fortier travaille principalement en sculpture, à partir de sa propre tête dans un questionnement sur l’identité et le temps. Il a terminé une maîtrise en arts visuels à l’Université du Québec à Montréal. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions solo et collectives. En 2007, il participait aux expositions La tête au ventre présentée à la Galerie Leonard & Bina Ellen, Montréal, et Hot Wax à The Rooms, Saint-Jean de Terre-Neuve; ainsi qu’à l’exposition C’est arrivé près de chez vous. L’art actuel à Québec, présentée au Musée national des beaux-arts du Québec en 2009. Un épisode de Vente de garage diffusé sur ARTV en 2010 est consacré à son travail. Il a participé à la Foire d’art contemporain Amsterdam 2011. Ses œuvres font partie notamment de la collection permanente du Musée national des beaux-Arts du Québec, des collections Prêt d’œuvres d’art, Loto-Québec, la Peau de l’Ours et le Groupe Aldo. Louis Fortier est représenté par la Galerie Donald Browne.

À titre personnel, l’artiste remercie Marie-Andrée Saint-Pierre. Il remercie également le Conseil des arts et des lettres du Québec pour le support financier, Paul Colpron pour l’aide technique (taille directe polystyrène) et l’équipe de la Galerie d’art d’Outremont.

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